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Chroniques martiennes 9/ Au revoir à jamais Cooranga Farm !

10 mai 2012
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Les derniers jours furent difficiles. Surtout les dernières nuits. Notre boîte s'est transformée en frigo plusieurs nuits d'affilées, c'était assez dur de dormir. Les journées étaient magnifiquement ensoleillées et plutôt chaudes (25°-30°), mais une fois la nuit tombée... Un froid de canard s'abattait dehors et aussi, manque de bol, d'isolation et de chauffage, dedans. Genre 8°C.

matin froid

Moi qui ai toujours affirmé que dormir dans le froid ne me gênait pas, bien au contraire... j'ai oublié d'ajouter avec une couette en plume de canard digne de ce nom et pas un pauvre sac de couchage Quechua prévu pour 12° à 9°. Franchement, c'était hard. Et devoir se lever avec un froid pareil c'était encore pire.

Pour rajouter à la fatigue de nuits pauvres en sommeil, on a travaillé des journées de dingues entre 10h et 12h. On partait par notre beau chemin de la route dans le froid du matin, encore frigorifiée de la nuit, on bossait dans nos boîtes à mandarines, puis on repartait à la nuit tombante, de nouveau avec le froid pour retrouver notre boîte frigo. Trop la lose.

mauvaises mandarines

Mais il y avait la lumière au bout du tunnel, notre objectif, le mercredi 9 mai le jour de notre départ de Cooranga. On rêvait de ce moment depuis longtemps, le bus de 6h32 à Mundubbera, finir notre nuit au chaud, le bonheur en quelque sorte.

On a eu quelques moments sympas également ces derniers jours gelés.

Un nouveau président, nouvelle apprise à 6h du mat' par C. Jérôme qui a eu la gentillesse de se réveiller plus tôt pour nous en informer avant que nous partions au travail.

Le petit déj dehors à se réchauffer au soleil avec pour table de jardin le haut du meuble qui avait passé une semaine devant la poubelle (ce meuble orange aura eu une histoire extraordinaire au final).

le meuble orange réssucité

Notre dernière aprèm au packing tellement hallucinante de n'importe quoi, on en aurait pleuré de rire ; surtout lorsque Paul the farmer nous a complimenté sur notre bon travail et nous a invité à revenir bosser pour lui.

chaise d'une utilité redoutable

Les derniers matins sur le chemin bucolique, il suffit d'appeler "kangourou" et le voilà qui apparaît. Génial, non ?

Le dernier retour sur le chemin de la route au soleil couchant avec C. Jérôme, Kim l'allemande et Inae la coréenne (prononcez Iné ou appelez-la Aki), couleurs épatantes, fin du travail, début des vacances, le voyage continue !

retour final

Les adieux furent déchirants. Adieu crapauds, grenouilles, coackroaches, oiseaux bruyants et flippants pendant la nuit, australiens au jet-ski et à l'alcool mauvais, cuisine pourrie, Grant au rire dément, puzzle de 1 500 pièces presque fini sous mon lit, produits Black and Gold, notre boîte, coucher et lever de soleil maginifiques, Erika la suédoise qui fait de bien bons gâteaux, Lowell l'américain qui devenait de plus en plus loquace, Inae la coréenne calme et sans âge, Sylvain le gentil petit breton qui a eu la chance de partir avant nous et enfin C. Jérome notre sauveteur de l'humanité.

pas eu le temps de finir ce magnifique puzzle

Mais putain quel bonheur de se barrer de ce trou à rat quand même !!!

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Chroniques martiennes 8/ Les autres « autres »

10 mai 2012
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Au camp, il y a aussi des moins jeunes qui vivent un peu en retrait dans leurs caravanes.

la ferme Cooranga

Comme Grant par exemple. Grant a 42 ans, il vit en Australie depuis qu'il a 6 ans mais se sent insulté lorsqu'on le prend pour un australien ; il est écossais. Il a une alliance tatouée sur son annulaire gauche et a un coeur tatoué à l'emplacement de son coeur justement, avec en légende "Try to break this one bitch". Je pense que son mariage s'est mal fini. Il a fait plein de boulots divers et variés dans sa vie : restos, fermes, il a même failli travailler sur une plateforme pétrolière mais il s'est pas réveillé à temps pour prendre son avion. Il a aussi convoyé de la drogue en voiture. Maintenant, il travaille à la ferme, au shed, et il est le superviseur de notre "lieu de vie". Il nous a donc réparé nos fenêtres, prêté un aspirateur, il nous emmène en ville faire nos courses... Je crois aussi que c'est un peu grâce à lui si on a pu bosser au packing.

Grant et son beau tracteur rouge

Une aprèm, je ne sais plus comment, on a débauché plus tôt. On en a donc profité pour goûter, et tester le faux nutella. Il nous restait deux toasts et on se disait que grillés, ce serait encore meilleur. Mais point de grille-pain, ni de four qui fonctionne, ni rien du tout. Soudain, la porte coulisse difficilement et entre un type qui nous dit "salut, j'avais emprunté ça y'a longtemps" et il pose un grille-pain sur la table. Nous venions de rencontrer Jésus. Bon, en vrai il s'appelle Nathan. Il bosse également à la ferme, il passe le spray.

L'aîné de la bande, Henry, 80 ans, continue de cueillir les mandarines vaille que vaille. Bien sûr, il est vachement plus doué que nous. Je pense qu'il est un peu dur de la feuille, nous avons eu quelques dialogues de sourds ensemble, maintenant j'essaye de l'éviter.

Rob Choupinou et Henry

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Chroniques martiennes 7/ La cuisine

9 mai 2012
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La cuisine est tellement unique, je pense vraiment qu'elle mérite un post à elle toute seule.

la cuisine

Dans la cuisine, il y a de la moquette. De la moquette ?! C'est complètement con, qui a eu l'idée de poser de la moquette dans une cuisine ? C'est donc crade constamment.

meuble cassé puis "réparé"

Les australiens viennent y cuisiner uniquement pour utiliser la friteuse, bonjour l'odeur.

meuble retombé, un peu mort

Quelqu'un a débranché l'alarme incendie qui pendouille parce que toutes les 30 secondes ça faisait "bip". J'habite à côté, ça me stressait parfois.

adieu meuble

Il y a deux cuisinières avec fours. Les fours ne fonctionnent pas, ça serait trop pratique sinon ; et les feux sont très lents si on en allume plusieurs en même temps.

la chaise a eu mal aussi

La cuisine est meublée, c'est chouette. Mais le vaisselier est vide et crade ; et l'autre "meuble", fait maison, s'est écroulé pendant que C. Jérôme préparait de bons french toast au Nutella. D'après Sylvain le menuisier, c'était irréparable, on a donc voulu le mettre au feu et faire un peu de place. Mais Grant nous a stoppé dans notre élan "Il faut que je demande à Paul d'abord" Je crois que c'était la meilleure blague de l'année.

petit-dèj de day-off

Pour s'asseoir, il y a des vieux fauteuils énormes qui auraient du mal à tenir autour de la table et deux chaises dont une en très mauvais état, il faut s'asseoir sur le bord. C. Jérôme, une fois de plus, l'a achevé définitivement en passant à travers. Cette fois, on n'a même pas essayé de s'en débarasser, on attend l'avis de Paul. Il y a donc des vestiges de meubles délabrés qui encombrent la cuisine, on se croirait vraiment dans une déchetterie pour le coup. En plus, j'ai été obligé d'aller voler une autre chaise autour du feu de camp, un matin très tôt.

gâteau Oreo/chantilly

Deux frigos sont à notre disposition. Le premier était propre mais avec des cockroaches et une odeur bizarre, puis le second est arrivé, hyper crade mais sans cockroaches, ni odeur. En l'absence de produits nettoyants digne de ce nom, Mathilde l'a nettoyé au citron. Maintenant on a un frigo propre qui sent bon, c'est cloolsse. Mais après quelques jours il ne marchait plus. On a donc réintégré le frigo qui pue.

french toast au nutella préparés par C.Jérôme

La porte de la cuisine est une porte coulissante qui ne coulisse plus. C'est un véritable parcours du combattant pour la fermer correctement et empêcher les moustiques d'entrer. Il faut être assez violent. Je ne comprends pas comment personne ne l'a encore cassée complètement... Peut-être sera-t-elle la prochaine victime dans la cuisine ?

à la poubelle le meuble orange !

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Chroniques martiennes 6/ Le jet-ski

9 mai 2012
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Matt l'australien a un jet-ski. Son père lui a apporté un jour, alors qu'il aurait dû venir la veille.

Bref, Matt a récupéré son jet-ski, il était tout content. Il l'a nettoyé au jet d'eau et au gant, lui a mis une petite serviette dessus et puis il l'a rangé devant sa porte pour la nuit. Le lendemain, il a recommencé son manège. Les jours suivants également. Matt adore montrer son jet-ski a ses copains, c'est pour ça faut qu'il brille. Il fait la même chose avec sa belle voiture blanche.

le fameux jet-ski

On pensait qu'il allait jouer avec sur le lac pendant le day-off, mais en fait non, il a ouvert le capot, histoire d'observer ce qu'il se passe dedans. Ensuite il l'a nettoyé, une fois de plus.

En fait, Matt n'a pas d'attache pour accrocher la remorque à sa voiture. C'est ballot.

Manque de bol, Matt fait aussi parfois des essais moteur pour notre plus grand bonheur. Merci le bruit et l'odeur.

 

Matt a aussi un hélicoptère télécommandé et un lance-pierre que son papa lui a ramené en même temps que le jet-ski bien sûr.

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Chroniques martiennes 5/ Le packing shed

9 mai 2012
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Pour la première fois, à la Boyne View Citrus Farm, on pack. L'installation neuve coûte 1 million. Ils l'ont acheté 700 000 en seconde main. Parfois, c'est quand même mieux d'investir dans du neuf...

packing shed

Le principe est simple. Les bins sont placées dans une grande machine par Grant et son chariot élévateur. La machine soulève la bin et la renverse délicatement sur un premier tapis. Là, Libby (la femme de Rob qui fait de très bons Lamingtons) fait un premier tri et essaye de virer toutes les mandarines pourries. Ensuite les mandarines sont trempées dans un bon bain de produits chimiques, puis séchées, passées à la cire (pour que ça brille) et elles arrivent sur les 3 tables de sorting.

sorting

On est 4-5 à trier tout ce joyeux bordel. Les mandarines déboulent sur un grand tapis roulant en tournant sur elle-mêmes, éclairées au néon (bonjour le mal de crâne en fin de journée). Si elles sont ouvertes ou dégueu direction la poubelle, si elles sont trop marquées ou trop molles, direct dans le tube pour aller dans la bin à jus, si elles ne sont pas assez belles pour être des Premium, on les met sur des tapis roulants de côté. Les Premium restent sur le tapis principal. Ce sont des Premium.

machine à stickers et coupelles

Les Premium et les secondes catégorie poursuivent leur chemin ensemble séparément (légère cloison de plastique), elles passent dans une roue qui les prends une par une pour les poser sur des coupelles séparées, elles se prennent un sticker sur la tronche grâce à la machine à stickers, puis l'ordinateur intelligent détermine leur taille et les fait tomber dans le dernier tapis roulant qui les fait glisser gentiment dans le bon carton mis en place au préalable par nos soins. Une fois plein, on fait le changement de carton, sans oublier de coller l'autocollant précisant la catégorie, l'espèce (Freemont, Imperial, citron...), la taille.

remplissage des boîtes

Le carton continue son voyage tout seul sur un autre tapis roulant vers la balance où Letitia, la belle-soeur de Paul, vérifie le poids, rajoute ou enlève des fruits et fait glisser le carton vers la machine qui ferme et scotche. Là, Ben prend le carton et le pose sur la bonne palette.

cartons pleins

Et voilà une affaire rondement menée.

 

Sauf que :

  • la machine à soulever les bins bugue un peu parfois
  • les mandarines se retrouvent coincées dans la machine à cirer et reçoivent trop de cire
  • le tapis juste avant de tomber au sorting se bloque et il faut actionner le moteur avec une clef à molette (j'ai fait ça pendant presque 2h une fois, j'ai adoré)
  • on sait pas trop comment faire le sorting, Paul nous explique, Ken nous dit autre chose et Letitia nous montre différemment
  • le tapis après le sorting ne roule plus, il y a donc embouteillages de mandarines menant à un dégueulis de toutes parts
  • lorsque la machine est relancée, il y a trop de mandarines qui arrivent en même temps, la roue coupe des mandarines et en place plusieurs sur une même coupelle (je suis restée quelques temps à vérifier qu'il y ait bien un fruit par coupelle, à enlever les fruits machées et à siffler Paul quand la machine débordait de nouveau, c'était fun)
  • la machine à stickers fait n'importe quoi : parfois un sticker sur un fruit, souvent pas de sticker du tout et quelques fois 3 stickers sur une mandarine
  • l'ordinateur merde et a beaucoup de mal à répartir par taille, on doit donc tout retrier lorsque les mandarines tombent dans les cartons
  • du côté des secondes catégorie, le tapis roulant ne peut pas prendre des virages, alors il faut aider les cartons à tourner
  • de temps à autre il y a trop de cartons qui arrivent en même temps, embouteillage à la pesée, il faut poser des cartons par terre avant qu'ils ne se décanillent d'eux-mêmes et s'explosent sur le sol (c'est Letitia qui gère la balance en général. À un moment, elle nous a demandé de la remplacer alors que ça faisait quelques temps qu'elle n'était plus là, bonjour le bordel)
  • les fameux cartons à citrons qu'il faut plier soi-même, pas d'étiquette à coller, il faut noter au sylo sur la carton la catégorie et la taille. Très pratique tout cela en plein rush...

Tout ça sans compter les manques de cartons et la machine à fabriquer des cartons qui s'emballe, le fait qu'il faudrait une ou deux personnes de plus pour que ce soit bien mais ils virent des gens parce qu'on est trop d'après eux.

Deux grandes idées de Paul : le smocko sans arrêter les machines. On part à deux en pause et pendant 1/4h, ils doivent gérer. Sauf qu'en cumulant tout, de 8h30 à 11h il manque 2 personnes.

pause

Et le jour où on a travaillé presque 12h pour revenir bosser 2h30 le lendemain matin. Au lieu de faire 2 journées de 7h... quelle grande trouvaille ! Mais le retour au clair de lune était génial, ça compense (j'ai même vu une étoile filante)

Mais bon, on engrange de la thune.

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Chroniques martiennes 4/ La presque fin

9 mai 2012
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À notre arrivée, nous avions signifié à Mary que nous aimerions bien bosser au packing. Mathilde m'avait expliqué que c'était certes aliénant et chiant, mais au moins on ferait des horaires normales et surtout on serait payé à l'heure. Mary nous avait assuré que ce serait possible dès que tout serait prêt, que nous serions prioritaires puisque travaillant déjà à la ferme.

Lowell et Erika nous avait alors raconté que le packing devait être prêt il y a quelques semaines et qu'il y avait pas mal de problèmes à résoudre. Soit.

Nous avons attendu, nous avons fait du picking, nous avons fait des calculs "on fait une bin à 90$ en 9h, donc on gagne environ 9$/h après taxes en se faisant chier sous le soleil !". Après une semaine particulièrement pourrie, un anneau de mesure plus grand, des arbres sans fruits, nos noms sur la liste d'attente pour le packing (alors qu'on était prioritaire !) et une annonce de pluie pour les jours suivants (donc pas de travail), nous avons décidé de nous barrer là tout de suite à 10h30. Nous sommes allées voir Mary, nous lui avons exposé la situation et elle nous a répondu "le packing a ouvert ce matin, on a besoin de plus de monde, j'allais justement vous en parler". Trop cloolsse, non?

Bref, on a arrêté de cueillir des mandarines.

 

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Chroniques martiennes 3/ Routine

9 mai 2012
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On travaille 6 jours par semaine (on a fait une semaine de 7 jours une fois), on voit le soleil se lever au réveil, on rentre avec le soleil couchant vers 17h30, c'est à peu près les seules photos que je prends d'ailleurs.

toile d'araignée du matin

Entre temps, on ramasse des kilos de mandarines sous le soleil plombant du Queensland, perché sur des échelles en aluminium. C'est chiant comme boulot, il fait très chaud la plupart du temps, je m'égratigne les bras lorsque je plonge dans l'arbre (merci les épines), j'ai des ampoules à ma prise de sécateur et la main schtroumpfe (la peinture du sécateur). On entend les cacatoès se faire shooter par le chasseur, les népalais chanter, les allemands roter et les français chanter très mal.

bin à mandarines

D'ailleurs, être en déséquilibre sur l'avant-dernière marche d'une échelle plus ou moins instable un sécateur à la main et quelques kilos de mandarines à porter, ça peut être périlleux. Rajoutez une crise d'éternuements d'ordre allergique et c'est la grosse marrade !

papillon dans le sac Joey

On a aussi cueilli les citrons. C. Jérôme nous avait prévenu "les citrons c'est trop génial, tu fais facilement 2 bins dans la journée, c'est pour ça que t'es payé 68$ la bin au lieu de 90$. Par contre, faut absolument des manches longues". Effectivement, bonjour les épines, j'aurais mourru sans ça. Et les manches longues c'est trop agréable quand il fait hyper chaud en plus. Pas besoin de sécateur, on arrache le citron, c'est plus pratique. Mais, manque de bol, notre premier jour de citrons, rang de merde, point de citrons, l'enfer pour remplir la bin. Ça s'est amelioré rapidement ensuite, on a eu droit à des arbres remplit de fruits et des citrons gros comme des pamplemousses, incroyable !

citrons

Parfois, on fait du thining. Lorsqu'il y a un day-off inopiné, on (les français et l'américain) se fait embaucher. Ou le jour du "ah ben tiens, c'est con on a plus de bins !". Donc thining. On est sur une plateforme à étages tirée par un tracteur et on enlève certaines mandarines (les toutes petites et celles qui ont eu un coup de soleil). À la main ou à l'aide d'un crochet. J'ai jamais été douée à la pêche aux canards... Mais qu'importe, les jours de thining on est payé à l'heure et ça fait du bien !

 

tracteur du thining

Une fois rentrées, après une douche bien méritée (sans crapauds, merci !), on a le temps de dîner et de préparer le déjeuner du lendemain avant de s'écrouler devant The Big Bang Theory vers 21h. Quelle vie... Faut dire, faire la cuisine dans un endroit pareil avec une casserole pour 3, c'est du sport ! Et le gaz, tout un poème : 1 feu ça va, 2 feux ça ralentit pas mal, 3 feux bonjour les dégâts. On dîne avec Sylvain le breton puis on rentre dans notre boîte. Là, commence la chasse aux cockroaches. Qu'est-ce qu'un cockroach ?

cockroach mort

Prenez une blatte, grossissez-la 10 fois, voilà ! Tous les soirs, on a 3 cockroaches qui se baladent dans notre boîte, c'est répugnant. Dans ces moments-là, d'un courage inouï, je crie "cockroaches !" et je laisse Mathilde s'en charger. Elle utilise alors la technique ancéstrale du bombage de cockroach, accompagnée de la capture de la bête sonnée avec un sac plastique. C'est efficace et redoutable. Mais comme c'est un peu chiant de chasser tous les soirs, ou de se réveiller en pleine nuit parce qu'on entend des bruits étranges "je suis sûre que c'est un cockroach", Grant nous a conseillé le bon spray et puis bye-bye les cockroaches !

crapaud dans la boîte

Day-off ! Jour tant attendu ! Enfin, dormir ! Sauf que la veille, les australiens sont tellement contents qu'ils écoutent de la musique à fond, boivent et parlent fort jusqu'à pas d'heure (genre minuit, c'est scandaleux !). Et les grasses matinées s'arrêtent pour moi vers 6h à cause des connards d'oiseaux. C'est le jour des courses, on peut enfin aller "en ville" se faire plumer dans le seul supermarché de Mundubbera ! Plein de trucs à faire de retour dans la boîte : nettoyage, lessives, cuisine (mandarines à volonté, le seul avantage du boulot)... lorsqu'on veut un peu se détendre, ben c'est pas possible, il y a toujours la musique à fond. Le seul espoir de repos c'est si les australiens se barrent en ville acheter de l'herbe. Ils sont gentils ces aussies, mais un peu crétins sur les bords en fait. Jaimie se fait traiter comme une chienne et ne s'en aperçoit même pas. On a vu Daniel lui jeter de la bouffe comme à un clébard et elle l'accepter, contente. Matt passe son temps à nettoyer sa caisse, son jet-ski (qu'il n'utilise jamais), à faire mumuse avec son hélicoptère télécommandé ou son lance-pierre. Et Daniel suit Matt docilement. Les rares conversations que j'ai eu avec eux étaient vides, j'avais de toute façon du mal à les comprendre. À la limite, je préférais jouer au footy avec eux.

On a eu des day-off déprimants parce que rien à faire et donc trop à réfléchir et ça c'est pas bon du tout. Alors on a acheté un puzzle dans le magasin de seconde main. 1 500 pièces, 3$, c'était une bonne affaire, certes il manquait quelques pièces mais bon...

aprèm puzzle/thé/Tim Tam

 

Et c'est la même routine toutes les semaines...

Mais un jour on en a eu marre de bosser pour 9$ de l'heure.

 

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Chroniques martiennes 2/ Aujourd’hui, on travaille à perte *

9 mai 2012
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Le réveil à 5h30, ça fait bizarre. Par contre, le lever de soleil est magique, ça ferait presque oublier les crapauds.

lever de soleil

1km de marche sur le petit chemin de la route qu'il en est joli, parfois on aperçoit même des wallabies. Il est pas 7h et je suis en T-shirt sans problème, ça promet. Les propiétaires de la ferme sont Paul, sa femme Mary, le frère de Paul, Mark et sa femme Letitia. Ils gèrent aussi notre "campement", of course.

le chemin au matin

kangourou du matin

Nous voilà au shed. Grant nous fait lire des brochures, nous donne de la paperasse, un sécateur, -25$ sur la paye, un sac Joey et nous emmène dans notre rang de mandarines. Nous travaillons avec Lowell, c'est calme. Grant nous fait un topo sur le picking : il faut prendre toutes les mandarines sauf les petites (heureusement, on a un anneau de mesure) et les trop vertes. Le but du jeu c'est de piller tous les arbres et de remplir une bin, +90$ sur la paye (avant les taxes). Pour le premier jour, on fait une bin à deux.

au boulot

Rob, le chef de champs, est très gentil, il nous aide, il est causant, assez encourageant, nous le surnommons donc "Rob Choupinou".

On finit vers 15h, chouette ! On retourne dans notre boîte, - 85$/semaine sur la paye.

Doug nous emmène en "ville", à Mundubbera pour faire les courses, - 95$. Ben, faut bien manger, et ça creuse de ramasser des mandarines en plein soleil toute la journée... Ce qui est chouette, c'est qu'on peut manger des mandarines à volonté. Et croyez bien que j'en profite. (pamplemousses, citrons, citrouilles et mandarines à volonté)

 

coucher de soleil

*Et vous savez quoi ? Demain aussi ! (en fait, c'est Good Friday, c'est ferié, on travaille pas...)

 

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Chroniques martiennes 1/ Début

9 mai 2012
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Je suis allée cueillir des mandarines. Et des citrons aussi.

J'avoue ne pas savoir par où commencer pour raconter ce mois loin de la civilisation, au coeur de l'Australie profonde, pendant lequel j'ai parfois replongé dans les profondeurs abyssales de ma folie que j'avais pourtant réussi à enfouir depuis quelques temps.

J'avais entendu parler de cette histoire de fruit-picking par ma pote Mathilde qui avait eu le plan par un français, Jérôme, à Brisbane. Comme je voulais tenter cette aventure hors du commun (presque), j'avais dit banco. J'avais retrouvé Mathilde dans le bus et nous étions arrivées à destination à 19h20, il faisait nuit noire. Mundubbera, prononciation difficile, un coin paumé dans le Queensland. On fait quoi maintenant ? Mathilde me sort de mes pensées "regarde, c'est Jérôme !" évidemment, c'est devenu son surnom.

le camp

Trajet en voiture d'une vingtaine de minutes sur une petite route à fond jusqu'à notre "camp", géré par les propriétaires de la ferme. Quelques baraquements, des caravanes, de l'herbe. Et notre logement. Une pièce, deux "lits" avec matelas pourraves, de la moquette dégueulasse, des fenêtres avec des lattes manquantes, des fly screens troués ou inexistants, un mini-rangement à l'envers, quelques insectes (dont cockroaches) : c'est au-delà de crade. Je pense que taudis est le mot adéquat. On pose tout le bordel et on suit C. Jérôme pour la suite de la visite. On pleurera après.

la boîte

La cuisine commune, juste à côté de "chez nous" (ou "la boîte"), est d'une atrocité sans nom. C. Jérôme nous apprend que le frigo a été nettoyé aujourd'hui, on l'ouvre, trois cockroaches font une course à l'intérieur. Vaisselle sale dans l'évier, poubelle qui déborde, moquette dégueu, presque pas de vaisselle propre, un meuble bancal (qui s'écroulera quelques jours après) et une porte coulissante qui ne coulisse plus : la classe.

And last but not least, toilettes et douches. Une odeur nauséabonde sûrement dûe aux crapauds. Donc crapauds et autres grenouilles un peu partout : sur les murs, dans les chiottes... Une question me taraude alors "Mais qu'est-ce qu'on fout là ?"

grenouille dans le lave linge

C. Jérôme nous montre le coin à eau potable et la machine à laver, histoire de nous achever. Il y a une réunion de gros crapauds au milieu, certainement en pleine discussion sur la meilleure manière de prendre le pouvoir et d'annihiler l'espèce humaine ; dès qu'on s'approche, ils se dispersent (Grant, le superviseur du camp nous expliquera que c'est de la vermine et qu'on peut les tuer. D'ailleurs, il nous fera une démonstration de kickage de crapaud). Une machine à laver qui n'essore pas et qui ne lave pas trop non plus en fait. Une autre machine qui ne lave plus mais peut essorer, manque de bol, elle est encore plus sale et donc resalit le linge. Impeccable le truc, quoi !

crapaud

Puis, C. Jérôme nous présente aux "autres", nos voisins : Daniel, 16 ans, australien, tongs tatouées sur les pieds, "Made in Australia" tatoué dans le dos, il a pas inventé l'eau tiède ; Matt, 27 ans australien, la croix du Sud tatoué dans le cou, accent terrible, je ne comprends rien quand il parle, il adore ouvrir sa voiture et mettre la musique à fond, il a pas inventé la brosse à dent ; Jaimie, 17 ans australienne, enceinte de Daniel, elle a pas inventé la poudre ; Erika suédoise et son copain Lowell américain, sympas, blonds, elle parle tout le temps, très enjouée, lui ne parle jamais, très renfermé. Il y a aussi Doug, australien, crâne rasé, tatoué de partout, dont une croix gammée sur une phalange, effrayant. Coup de bol, Doug se fera virer peu de temps après et Sylvain un gentil breton menuisier viendra le remplacer.

 

la table des australiens

La première nuit fut assez difficile je dois avouer. Impression étrange de bêtes rampants partout, démangeaisons fantômes et beaucoup de bruits inconnus dehors.

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Marge Brute

3 avril 2012
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Chers gens,

Constatant avec effroi que la vie est chère en Australie, je m'en vais aller fruit-picker des mandarines près de Mundubbera (même pas j'ai regardé où c'était sur ma carte (même pas je sais si Mundubbera est sur ma carte)).

Ce blog restera donc vide pendant un mois. Ou 2 jours, le fruit-picking c'est éprouvant et je suis faible et flemmarde. Mais l'appel de l'argent est souvent plus fort, nous verrons bien.

A une prochaine !

PS : Lisez "Doppler" de Erlend Loe, le personnage principal, Doppler, essaye d'apprendre à parler à son élan (élan, caribou, c'est la même chose, non ?). Lisez "Le pingouin" de Andreï Kourkov aussi. Victor, un écrivain de nécrologies, récupère le pingouin Micha d'un zoo de Kiev en faillite. C'est pas moi la jetée, c'est eux !

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